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Autrefois, alors que l'évolution des espèces n'étaient pas encore connue, il y avait un pays dans lequel régnait une chaleur intense. Il portait un drôle de nom XYMBIDOLE. Ses habitants créaient d'immenses demeures dans lesquelles le temps n'existait plus.
Ce pays avait une capitale extrêmement dynamique et son maire, l'énergique YODUIME, avait eu la sagesse d'écrire un arrêté concernant l'arrivée de voyageurs éventuels naviguant sur MYLOU, la mer qui borde XYMBIDOLE.
Ceux-ci devaient leur apporter un objet kaléidoscope qui leur permettrait d'apprécier le soleil. Ils devaient ensuite grimper sur le YOUDUME, leur plus haute montagne. Une récompense serait gagnée par le voyagur qui serait arrivé le premier et remise par son adjont le géant PYLEXO.
PYLEXO avait donc un nouveau jouet. Ses activités se résumaient à surveiller ceux qui naviguaient sur des navires très colorés. Il observait le soleil et le ciel. Il portait toujours des habits d'un bleu intense, phosphorescents, en espérant acquérir ainsi l'immortalité qui le ferait voyager parmi les dieux. Il portait au doigt un énorme saphir. La liberté totale que YODUIME lui avait octroyée dans son activité, changeait souvent son humeur qui devint radieuse.
Un jour, il rencontra XIBOUSE, le nain, poète et artiste qui avait des mains en or, dans l'espace qui lui était réservé : la YOUDUME.
Que croyez-vous qu'il arriva ?
Il imagina alors de le changer et de le rendre très sensible. Il lui demanda de cuire au soleil une immense sculpture. L'espace qui lui serait consacré ultérieurement serait au sommet de la montagne.
Les écrits que YODUIME imaginerait permettraient au temps de filer vers le futur et couvriraient les actions d'éclat des XYMBIDOLENS.
Ainsi leurs forces réunies porteraient un coup énergique à toute vie qui révélerait une fécondité surprenante.
Ils réfléchiraient aux mesures qui permettraient aux habitants de se réjouir et de défendre leurs brillantes qualités.
Les yeux bleux d'Aubépne s'interrogeaient. "Quel avenir aurait-elle avec Garuloux ?"
Elle l'avait rencontré à un bal. Aussitôt il avait admiré son sourire étrange et son allure de sirène venue d'un autre monde. Grand, mince et facétieux, il l'avait fait rire. Son comportement énigmatique l'avait séduite à tout jamais. Il mimait et imitait ses voisins.
Aujourd'hui, elle tirait la langue et fronçait les sourcils. Elle doutait. Comment avait-il su lui plaire ? Elle sortit d'un secrétaire magenta un journal jaune safran. "Evasion de Garuloux et de Valeureux d'une prison kaléidoscope..."
Aimait-elle encore cet être secret, vif et courtois ? Qu'avait-il fait pour être en prison ?"
Elle grimaça, puis son sourire s'élargit en éclat d rire... "Avec une petit cuiller, avec une petite cuiller!!! elle hoquetait de rire....
S'évader une nuit de pleine lune à la petite cuiller!!!!"
Je déguste chaque ligne de cet événement. Je rêve à lui, ma pomme vert-amande. Il a su ignorer la porte de la prison! Je déteste rancuner. C'est un homme sincère.
Aubépine se leva, courut sur la route et l'aperçut dans les buissons sur une brouette caramel bordée de bleu hortensia.
"La prison était construite en terre battue, impossible de dormir et de rêver.. lui confia-t-il. Alors avec une cruche d'eau, j'ai mouillé le mur, j'ai creusé avec une petite cuiller jusqu'à ce que mon corps mince s'y faufile et me voilà à nouveau dans tes bras. Le cercle est donc fermé !
C'est le 14 juillet. Nicolas reçoit dans les jardins de l'Elysée. Il y a tout un aréopage d'hommes politiques, des gens du show-bizz tels
Doc Gynéco, Johnny.. ou des philosophes tels Glucksman et son brushing qui est mécontent de son fils qui a sous le bras leur dernier livre "Mai 68 raconté à mon fils..", quelques
sans-papiers étrangers. Hortefeux n'a pas été invité.
Cette année Nicolas a promis des économies à la France. Alors, comme boisson, uniquement de l'eau du robinet, sur les plats, des fruits et des légumes : oranges, citrons, pamplemousses, carottes
en bâtonnets, petits cubes de poivrons et quelques caramels.. Près du buffet, une brouette : sa fonction : recevoir les épluchures.
I
l fait beau, des avions font des pirouettes dans le ciel en laissant derrière eux des rubans "bleu, blanc, rouge". C'est du plus bel effet.
Petit Louis joue au ballon avec le fils de Carla. Celle-ci est pâle alors que Nicolas a le visage très coloré. Il paraît inquiet. Les invités ne se pressent pas au buffet; Raffarin pour faire du
zèle croque à belles dents dans une orange: le jus ruisslle autour de sa bouche et sur son costume. Pour ne pas perdre la face, il lance une raffarinade, mais personne ne rit.
Des invités se dirigent, mine de rien, vers la sortie.
Nicolas prend le micro: "Mes amis, Doc Gyneco et mon fils vont vous chanter quelques nouvelles chansons. "
Tout le monde s'immobilise, les artistes se mettent à hurler dans le micro. Les paroles ont de quoi choquer les oreilles prudes des convives. Des protestations s'élèvent, ils sont hués. Tous
refluent vers l'extérieur. Le visage de Nicolas n'est plus coloré, il est vert olive. Il se dirige vers le château, Carla sur ses talons.
En moi-même, je me dis: " Il déraille, cela finira par un suicide."... politique tout au moins.
Pour adoucir "le four", je me propose de lui envoyer le livre de Pavese "Travailler fatigue". Cela le distraira peut-être et lui redonnera un peu le goût de rire, Peut-être y verra-t-il de
l'ironie, et pourtant......
- Je vais te l'ouvrir avec ce colt et surtout pas la peine de lever les yeux au ciel !
- Aïe, je crois que j'ai ma crise de colite aigue !
- Prends ce médicament. C'est comme du ciment dans les boyaux, les intestins et ton dol partira.
- Aimes-tu jouer aux dés ?
- Non je préfère jouer une fugue en do sur la clarinette que j'ai reçue en dot et qui était protégée par un lé de tissu que mon onlce avait acheté par lots.
- Veux-tu un peu de ce breuvage, de ce nectar, de ce vin ? je vais le verser doucement pour que la lie se dépose au fond. Je sais que la loi interdit de servir de l'alcool aux mineurs, mais tu iras au lit avec la mine réjouie et tu pourras jouer une fugue en mi majeur !
- Je préférerai faire le mime ou danser le No.
- OK, mais pas un mot. Cours au-delà de la grosse motte que j'aperçois...
- Je vais disparaître derrière la toile contenue par un té et le bord du toit, faire semblant de chasser les mites après m'être mis une tonne de fond de teint sur le visage avec quelques metts de rouge, et tu pourras ainsi admirer un spectacle du théâtre d'Osaka et de mime.
- En avant la musique, que le spectacle commence!
Condamné à être libre
Le bleu, c’est dit-on, l’azur, l’immensité du ciel et de la mer. Ses vagues ondulent dans la grande bleue. Elles portent tout et rien. Elles cachent ce qu’elles veulent. Elles offrent leur courant à qui sait les utiliser.
Ainsi, un jour, un bouchon bleu, ultime trace d’une noce inscrite au calendrier des amoureux, se retrouva à la crête d’une vague après être passée sous un pont, avoir franchi une digue dans un remous de toupie, comme propulsée par un engin.
De vaguelette en vaguelette, ivre de liberté et léger comme un nuage, il se mit à bondir pour se retrouver au large sur cette vague qu’il inspecta. Qu’allait-il devenir ? Etait-ce un lieu sûr ou éphémère ? Il lui fit confiance et gagna ainsi des lieux nouveaux, inconnus et plus calmes. Il finit par échouer sur une plage de gravier de corail où l’eau clapotait doucement sous un vent évanescent. Ici, pas de lierre, ni d’anémone, ni d’iris, ni de pimprenelle, mais de gais ixias flamboyants.
Pas d’éléphant, ni de mante religieuse, si élégante dans ses différentesparures utiles à sa vie. Par contre, de drôles d’individus : des iguanes se faisant dorer au soleil, des kagous hantant les bois proches et puis une chose bizarre dans l’eau peu profonde : comme une étoile dessinée par les enfants, mais d’un bleu !
Doucement notre bouchon se laissa porter jusqu’à « ça » et la regarda, en fit le tour, la toucha délicatement. « ça » se rétracta, puis après un petit moment se détendit et lança un bras comme une tige vers cette chose bleue, elle aussi, mais d’une autre nuance et la tâta puis l’enlaça entre ses bras et sembla l’embrasser comme un doudou. Le bouchon se laissa faire et sembla même apprécier.
Les vaguelettes emportèrent loin, jusqu’à nous, ce doux murmure enfantin.
« Qui es-tu ? »
« Je suis le bouchon bleu venu de très loin pour te connaître.
Et toi ? »
« Je suis Linckia, l’anémone de mer bleue. »
« Chez moi aussi, il y a des anémones, mais ce sont des fleurs de terre. »
« Moi, je suis la fleur des mers. Veux-tu rester ici avec moi ? A nous deux, on redonnerait du bleu à la mer après les tempêtes, on ourdirait des complots pour faire venir à nous tout ce qui est bleu. Qu’en penses-tu ?
« C’est une belle histoire d’amitié qui commence. »
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