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Lundi 28 avril 2008


Le bleu, c’est dit-on, l’azur, l’immensité du ciel et de la mer. Ses vagues ondulent dans la grande bleue. Elles portent tout et rien. Elles cachent ce qu’elles veulent. Elles offrent leur courant à qui sait les utiliser.

Ainsi, un jour, un bouchon bleu, ultime trace d’une noce inscrite au calendrier des amoureux, se retrouva à la crête d’une vague après être passée sous un pont, avoir franchi une digue dans un remous de toupie, comme propulsée par un engin.

De vaguelette en vaguelette, ivre de liberté et léger comme un nuage, il se mit à bondir pour se retrouver au large sur cette vague qu’il inspecta. Qu’allait-il devenir ? Etait-ce un lieu sûr  ou éphémère ? Il lui fit confiance et gagna ainsi des lieux nouveaux, inconnus et plus calmes. Il finit par échouer sur une plage de gravier de corail où l’eau clapotait doucement sous un vent évanescent. Ici, pas de lierre, ni d’anémone, ni d’iris, ni de pimprenelle, mais de gais ixias flamboyants.

Pas d’éléphant, ni de mante religieuse, si élégante dans ses différentesparures utiles à sa vie. Par contre, de drôles d’individus : des iguanes se faisant dorer au soleil, des kagous hantant les bois proches et puis une chose bizarre dans l’eau peu profonde : comme une étoile dessinée par les enfants, mais d’un bleu !

Doucement notre bouchon se laissa porter jusqu’à « ça » et la regarda, en fit le tour, la toucha délicatement. « ça » se rétracta, puis après un petit moment se détendit et lança un bras comme une tige vers cette chose bleue, elle aussi, mais d’une autre nuance et la tâta puis l’enlaça entre ses bras et sembla l’embrasser comme un doudou. Le bouchon se laissa faire et sembla même apprécier.

Les vaguelettes emportèrent loin, jusqu’à nous, ce doux murmure enfantin.

« Qui es-tu ? »

linckiaetoiledemer.jpg« Je suis le bouchon bleu venu de très loin pour te connaître. Et toi ? »

« Je suis Linckia, l’anémone de mer bleue. »

« Chez moi aussi, il y a des anémones, mais ce sont des fleurs de terre. »

« Moi, je suis la fleur des mers. Veux-tu rester ici avec moi ? A nous deux, on redonnerait du bleu à la mer après les tempêtes, on ourdirait des complots pour faire venir à nous tout ce qui est bleu. Qu’en penses-tu ?

« C’est une belle histoire d’amitié qui commence. »

par Anne G publié dans : Anne G. communauté : LA PLUME D'ECRIVAINS
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Lundi 10 mars 2008
Acrostiche d’ELOGE, Anne G.
Envol onirique de paroles et musique,
Liberté des rimes et fariboles du discours,
Oh ! Blabla dithyrambique pour l’étranger,
Gardien maudit du Parnasse en rêverie
Envie de partager l’homélie à l’Académie française.
Acrostiche d’AUTRE, Anne G.
Adversaire ou ami ? Parfois l’un, parfois l’autre.
Unir nos envies, nos rêveries, nos paroles,
Traverser main dans la main les aléas de la vie,
Repousser ensemble le théâtre maudit des ennuis,
Et de l’extérieur accueillir l’étranger qui peut devenir un ami
ELOGE DE L’AUTRE, Anne G.
Oh, étranger, prends ta guitare et viens me conter ton histoire.
Tu me sembles venir d’un curieux pays lointain.
Car tes vêtements paraissent tissés par des arachnéides.
Ta langue, pour moi, incomprise, fait penser à celle d’un marabout
Exilé lui aussi dans notre quartier.
Ta religion, que je ne connais pas, espérons que ce n’est pas du baratin.
Ta culture, bizarre pour l’instant, je vais chercher à la comprendre.
Tes coutumes, ordinaires pour tes proches, nouvelles pour moi, ne doivent pas être fatales pour toi.
Tu es un émigrant ? Et alors ?
Tu me permets de voyager en esprit, bien que pour toi, ce fut un arrachement de partir de ton pays, de renoncer à être travailleur chez toi.
Ici, tu peux évoluer, ne pas attendre une éventuelle adaptation, sans blues, sans tirades raciales au fond d’un garage.
O étranger, prends ta guitare et viens me raconter ta véritable histoire.
par Anne G. publié dans : Anne G.
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Dimanche 27 janvier 2008
Au-dessus de cette contrée où résonnent longuement les ragas, planait un bel oiseau étrange, jamais vu autre part. Il semblait étendre une protection sur ce petit pays qui en avait bien besoin, de ses grandes ailes portant des plumes somptueuses, les unes faisant penser à l’héliotrope, d’autres à la sauge, d’autres encore au géranium, une. En effet, dans la contrée voisine régnait un ogre appelé Martin, toujours accompagné d’un molosse qui répondait au nom galvaudé de Rintintin. Ces deux monstres n’avaient qu’une unique idée. Martin, se régaler de ravissantes jeunes filles et Rintintin, pourlécher de tendres poulets.
Ils venaient et revenaient sans cesse à la charge. Mais « Becdelle », ce bel oiseau étrange nommé ainsi par ses protégés veillait quand le danger s’approchait sous la forme de ces deux individus. Vite il se déployait ses ailes, vite il étirait son cou enveloppé d’un plumage aux tons des myosotis ou du plumbago sous le soleil. Il recouvrait ainsi le pays d’une nuit profonde et chacun regagnait vite son logis à l’abri des dangers De son bec, en forme d’épée, il fouillait les collines pour les débusquer. Il ne lui servait pas seulement à chercher sa nourriture entre les ronces et les lis, ni à repousser les attaques des agaces qui l’importunaient par temps serein. C’était une de ses armes de prédilection tout comme ses ailes, ce qui lui avait valu son nom « Becdelle ». Quand tout allait bien, sans danger à l’horizon, il berçait les habitants de ses cui-cui, tuit-tuit ou coucou qui alternaient agréablement avec les chants lancinants des ragas locaux.
Ce bel oiseau étrange était vénéré comme un dieu dans ce pays et chacun racontait à qui voulait l’entendre le charme de ce bel oiseau.
Anne G.
par AIME GE AILE publié dans : Anne G.
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Samedi 22 décembre 2007

 

-          Ah, mon Dieu, mon Dieu, mon Dieu, quelle bouille j’ai ce matin !

-          Ah ! ça c’est vrai.

-          Pourtant, je vais vous dire : je n’ai passé la nuit ni avec un amant dément, ni avec un doux matou, ni avec un docte malouin amateur de grimaces, ni avec un malade de mathématiques, ni avec un imagier hommasse maladroit, ni…

-          Ah bon ! Alors qu’avez-vous fait ?

-          Eh bien, en fait, voilà. Pour commencer j’ai amassé dans une marmite des magrets que j’ai touillés avec ma bouille.

-          Mais…..

-          Puis j’ai préparé du maté que j’ai versé dans ma bouille avant de me faire un petit massage des pieds qui….

-          Attendez, attendez que je regarde votre bouille : vous n’êtes pas brûlée, quelle chance mais comment cela est-ce possible après ce que vous venez de me raconter ?

-          Ce n’est pas fini. Je vais vous dire… Ensuite j’ai écalé des amandes bien dures, préparé du fromage, cherché de l’amadou sous l’œil dynamique du macaque et le ramage éblouissant d’un ara peints par un imagier madré de mes amis. J’ai mis cela dans ma bouille et y ai ajouté différents produits qui seront bien utiles pour notre picnic sous le fromager et…

-          Stop…..  qu’est-ce que cette histoire diffuse de bouille ?  Moi je n’en ai qu’une et vous semblez en avoir plusieurs. Alors ?

-          Comment ? Vous ne savez pas ce que sont toutes mes bouilles. En fait…..

-          Ah non, arrêtons là. C’est déjà assez difficile comme ça ! N’en rajoutez pas.

Bouille : 1) figure  - 2) perche dont les pêcheurs se servent pour troubler l’eau. – 3)Hotte de vendangeur- 4) Récipient pour transporter le lait 5) Marque spéciale qu’on apposait autrefois sur les pièces de drap déclarées au Bureau des Fermes.

par Marie-José Lefèvre publié dans : Anne G.
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Samedi 22 décembre 2007
(maître-mot du metteur en scène)

AE Buster Keaton  21/05/2007

 

Sur un bateau de croisière au pont de tek voguant vers des îles sont réunis acteurs du boulevard et figurants de théâtre. Ils ne vont pas en vacances, mais sont réunis ici par la volonté du maître qui ne tolère ni méfiance, ni préférence pour donner corps à son ultime création.

Création électrique et non mécanique, fulgurante d’un spectacle tout feu tout flamme, création avec obligation de respecter sa loi frisant parfois l’intolérance. Création faisant souvent penser à un brasier où rougeoient tisons et brandons où viennent se brûler les bavards, les paranos sans foi ni loi. Création où toutes les frontières sont abolies, où chacun porte sa croix au milieu des urubus. Création débordant les feux de la rampe, échappant aux caméramen au nombre de trois.

Création, jouet entre les mains  du maître qui seul a accès à la finalité de ce spectacle qu’il veut mener comme un voilier à bon port.

Mais cette création sera-t-elle un boulevard du Crépuscule ou la fin des trois âges ou une nouvelle ruse ou un test pare-feu pour ce metteur en scène ? Cette création apportera, croit-il, un nouvel éclairage sur son œuvre passée et pourquoi pas à venir

 

par Marie-José Lefèvre publié dans : Anne G.
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Lundi 10 septembre 2007

Il faut tracer sa route seul ou à deux si c'est possible. Mais le choix est difficile.
-Cette année ferons-nous la Route de la Soie ?
- Pourquoi pas celle des Pierres Précieuses moins connue ?
- Evidemment, mais rubis, opale, citrine ou péridot, sans parler du diamant bleu, des aigues-marines, lapis lazuli, saphir, tanzanite, topaze bleue, turquoise, émraude et j'en oublie, n'ouvrent pas les mêmes routes, les mêmes horizons.
- Eh bien, s'il faut choisir notre route, faisons-le sans tarder.
- Tirons au sort car le choix du lieu et du moment risque d'être grinçant.. .. Pas en hiver car je l'aime avec son long manteau blanc aux reflets d'aigue-marine.
- Pour moi, pas au printemps que je préfère quand éclosent les bourgeons turquoises et émeraudes.
- Alors partons en été, au ciel bleu azur ou diamant bleu qui nous apporte son énergie solaire, car de l'énergie nous en aurons besoin.
- Ainsi la fin de la route nous ramènera chez nous en automne aux couleurs de flammes, aux lointains vaporeux, aux ciels lapis-lazuli qui réjouit notre coeur à tous deux.
- C'est dit.
- Je vois déjà dans tes yeux, en pensant à cette route, l'éclat du saphir qui charme les miens.
- Et chez toi, ton oeil de tigre qui me fixe de ses nuances attractives.
- Partons à la traque de tous les renseignements possibles aussi bien auprès des prêtres que près des rabbins qui ont déjà parcouru ces routes lointaines, ces chaussées inconnues qui les ont peut-être menés jusque chez les cipaïes en révolte.
- Réfléchissons, ne partons pas bille en tête. Nous avons du temps et découvrir une route est tout un art. Il faut savoir mener sa barque.
- Commençons par le matériel :  minibus, essence (quel autre carbutant trouverons-nous en route?)..... (à suivre)

 

par Anne G. publié dans : Anne G.
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Lundi 14 mai 2007

LCR

Auteur : ANNE G. 

Que faire ? Que dire ? Que riposter ? Le nouveau LCR vient de présenter son vaste programme, qui d’ailleurs n’en est pas un ! Peut-on faire confiance à des gens qui sont plus des (PCF) Pirates, des Corsaires, des Farceurs, des (PS) Parasites Sophistiqués, des Diffuseurs de Fumées (UDF=Union des Diffuseurs de Fumées), qui se plaisent dans la Mouvance et les Palabres ? NON !

Si la raison primait, les sermons seraient rares, mais, ici, la raison n’y est point. Au contraire, la déraison prime et s’amplifie : onirique, imaginaire, la pensée se dilue en éventuelles actions. Leurs plus grande quête : tramer la perte des autres. Ils en rêvent, ils y croient et les voilà querelleurs.

On peut plus faire confiance à des iguanes, à des koalas, à des urubus, à la ligue des ornithologues, à des fans de nature  qu’à ces gars-là.

Alors retour à la case départ....!!!

 

 

 

PCF :  Pirates, des Corsaires, des Farceurs

PS :    Parasites Sophistiqués

UDF :  Union  des Diffuseurs de Fumées

UMP :  Unanimité, Mouvance et Palabres

par Anne G. publié dans : Anne G.
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Lundi 18 décembre 2006

Oh ! Hé ! Hein ! Quoi ?
Qu'est-ce que j'ai fait de ma cravate ?
Mon fermail, mon dirigeable,
Ma ferraille, ma raison,
Et les magnans
.
Oui je sais, je perd tout, mais
C'que j'veux pas
C'est qu'on se moque de moi.

Oh ! Hé ! Hein ! Quoi ?
Où est-ce que j'ai mis le dallage,
La ferblanterie, le nautile,
Mes devoirs et le naudou,
Les rayons de miel et le dunion,
Oui je sais, je perd tout, mais
C'que j'veux pas
C'est qu'on se moque de moi.

Oh ! Hé ! Hein ! Quoi ?
Où est le fermoir, le ferment,
Le naucore, le nautier,
Le nautonier qui me donne la nausée
Avec ses naumachies au bord du naufrage,
Oui je sais, je perd tout, mais
C'que j'veux pas
C'est qu'on se moque de moi.

Oh ! Hé ! Hein ! Où ?
Je sais, 'humour n'a pas d'odeur,
Voilà je vins de retrouver ma cravate,
Vous pouvez mourir de rire
En pleurer comme un déluge,
Oui je sais, je perd tout, mais
C'que j'veux pas
C'est qu'on se moque de moi.

Oh ! Hé ! Hein ! Quoi ?

par Anne G. publié dans : Anne G.
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Lundi 27 novembre 2006

Là-bas, sous un soleil éclatant où ne règnent ni l'hiver, ni la neige, règne un nabab. Il vit de ses gains fabuleux dans un bourg plus ou moins crasseux où s'épanouissent quelques beaux brins de fille. Un grain de beauté bien placé le fait frissonner d'envie.

Portant gibus et buvant de l'anis, le groin rougi de son nain distrait le nabab. Il lui apporte des merveilles telles que des oursins dans son bain. Il lui conte les sagas des plus grands rajahs. Il lui teint les moustaches au brou de noix. Il l'évente d'un panka en bougran doré orné de pompons scintillant de pierres précieuses. Le soir, ils vont prendre le frais sous les abiétinées. Ils vont voir si les bacules des éléphants sont bien rangés.

Avant de se reposer de n'avoir rien fait de sa journée, le nabab tente de deviner dans le cacholong ce que demain lui réserve. La fumée du clammar est là pour chasser les mauvais esprits de la nuit qui pourraient se cacher dans l'ébullioscope. Son astrologue astronome vient lui rendre compte de ses observations sur les facules solaire : bons ou mauvais présages ?

Il fait vider la gaffe de son sel qui a dû absorber l'humidité de la journée poisseuse. Il envoie son nain vérifier que tous les hahas sont bien surveillés. On ne sait jamais ! Il ouvre un traité d'ichtyologie avant de contempler ses carpes koï nouvellement arrivées. Il range ses jalets, souvenirs de lointains ancêtres. Il songe à une rani atteint de keutomanie. Il tripote un lacet de soie rouge, gage de bonheur.

Il envisage d'aller un jour, à  l'atelier de verrerie assister au maclage et d'en voir sortir mille et mille merveilles. Il pense que demain il lui faudra engager d'autres baquets pour faire étinceler l'avers et l'obvers de ses médailles, vérifier qu'il n'y a pas de paillettes dans les diamants reçus récemment, s'assurer que les quartes d'eau de rose sont toujours fraîches, que les rabouillères des lapins ne sont pas piétinées, que les jaccules des jasmins sont en bonne santé.

Tout cela va provoquer de la tachycardie s'il n'y prend garde ! Peut-être un peu d'urane lui ferait-il du bien ? Ou bien de l'extrait de vaillantine ? oude Weisie ? Il lui faut conulter avant ce qu'a gravé son xyloglyphe apothicaire sur ses plaquettes de yeuse afin de ne pas tomber au trente sixième zéro et de ne plus pouvoir profiter de toutes ces bonnes mais fatigantes activités.

par Anne G. publié dans : Anne G.
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Lundi 27 novembre 2006

Si j'étais le soleil
Je brillerais dans le coeur de tous,
J'apporterais du bonheur à ceux qui en manquent,
Je consolerais les tristounets,
Je ferais régner la paix.

Si j'étais l'hiver,
Je tuerais les moustiques,
Je chasserais la grippe,
Je ferais des merveilles.

Si j'étais la neige,
Je couvrirais de mon blanc manteau les glaciers disparaissant,
Je ferais venir à moi tous les petits enfants,
Je m'éclaterais dans le ciel,
Je rendrais visite au Père Noël.

par Anne G. publié dans : Anne G.
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