BECDELLE

Publié le par AIME GE AILE

Au-dessus de cette contrée où résonnent longuement les ragas, planait un bel oiseau étrange, jamais vu autre part. Il semblait étendre une protection sur ce petit pays qui en avait bien besoin, de ses grandes ailes portant des plumes somptueuses, les unes faisant penser à l’héliotrope, d’autres à la sauge, d’autres encore au géranium, une. En effet, dans la contrée voisine régnait un ogre appelé Martin, toujours accompagné d’un molosse qui répondait au nom galvaudé de Rintintin. Ces deux monstres n’avaient qu’une unique idée. Martin, se régaler de ravissantes jeunes filles et Rintintin, pourlécher de tendres poulets.
Ils venaient et revenaient sans cesse à la charge. Mais « Becdelle », ce bel oiseau étrange nommé ainsi par ses protégés veillait quand le danger s’approchait sous la forme de ces deux individus. Vite il se déployait ses ailes, vite il étirait son cou enveloppé d’un plumage aux tons des myosotis ou du plumbago sous le soleil. Il recouvrait ainsi le pays d’une nuit profonde et chacun regagnait vite son logis à l’abri des dangers De son bec, en forme d’épée, il fouillait les collines pour les débusquer. Il ne lui servait pas seulement à chercher sa nourriture entre les ronces et les lis, ni à repousser les attaques des agaces qui l’importunaient par temps serein. C’était une de ses armes de prédilection tout comme ses ailes, ce qui lui avait valu son nom « Becdelle ». Quand tout allait bien, sans danger à l’horizon, il berçait les habitants de ses cui-cui, tuit-tuit ou coucou qui alternaient agréablement avec les chants lancinants des ragas locaux.
Ce bel oiseau étrange était vénéré comme un dieu dans ce pays et chacun racontait à qui voulait l’entendre le charme de ce bel oiseau.
Anne G.
Publicité

Publié dans Anne G.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article