Le rêve, c’est dans le vent...
Un savant ventriloque, rêvant à un voyage en cyclopousse, était allongé sur une méridienne derrière un paravent composé d’alvéoles comme celles d’une ruche..
- Pourquoi disait-il dans son rêve à son ami homéopathe, tout en se gavant de boudin créole, restes-tu toujours un béotien lorsqu’il s’agit de voyages ?
L’ami homéopathe, étonné devant la boulimie de son ami, sentit le vent tourner, sentit venir la bourrasque et la tempête et fit une tentative de conciliation.
- Tu travailles à la géode où tu peux observer tous les éléments, tu peux observer un cyclone, faire vagir, rugir et souffler à toute vitesse les vents qui vont alors dénuder et renverser les arbres, provoquer des naufrages en mer, provoquer la valse des galets sur les plages et les inondations.
- C’est vrai, répondit-il, mais j’aime observer Eole qui soupire et souffle doucement, Eole qui semble jouer de la trompette, observer les éventaires des marchands.
J’aime avoir le vent en poupe.
- N’aurais-tu pas envie, l’ami, de respirer un autre air, d’observer d’autres nuages ? Tu y trouveras de nombreux avantages ! Allez, décides-toi, viens avec moi, l’ami, nous ne serons pas en perdition sur le Nautilus, nous n’aurons à craindre ni le naufrage, ni la Tarasque, la mer ne sera pas en rage et les amers nous indiqueront la route à suivre. Allez, lace tes lacets, plus de mutinerie, le vent tourne, l’heure est aux voyages.
A peine avait-il dit ces mots que le savant venriloque se réveilla.
La charmante Kléopha lui apportait son jus d’orange matinal.