C'est "coucaren"

Publié le par Françoise C.

J’assistais récemment à une rencontre entre une dame de ma connaissance et un homme dont j’avais déjà remarqué la facilité d’entrer en communication avec qui que ce soit.

Cette amie, souvent trop sérieuse dans ses échanges et attitudes a cependant le sourire (parfois convenu). Rien ne dépasse de sa coiffure dont elle a soin, elle est élégante dans une vision couleur ivoire quelle que soit l’heure de sa venue.

L’homme à l’allure indolente, semble avoir une tout autre vision de la rencontre et, avec le souhait de la voir enfin rire, l’approche à pas menus comme une souris, espérant que la vestale pourra lui formuler sa demande de renseignements sans dérive de soupirs.

Mais le devenir de la rencontre est compromis. La femme, telle un menhir a le virus de la perfection. En vérité, elle rêve d’être cautionnée dans ses projets, même si elle est contrainte de passer par le détroit de ce rendez-vous. Ils sont sur un trottoir aux quatre vents, Boulevard Charles V et pour faire diversion, l’homme se met à la complimenter d’abord sur son teint de faïence et part dans une envolée lyrique passant par la Chapelle Sixtine et la couleur porcelaine des anges. Il se voit avancer dans le transept, il s’agit presque d’un huis clos… lorsqu’il « revient sur terre » pour tenter de mieux écouter la demande de la dame, presque pétrifiée et ahurie par le plaisantin, alors qu’elle doit obtenir des précisions professionnelles de sa part.

L’avenir immédiat de l’homme est bouché, il le sent. Comment dire à la dame si propre comme un sou neuf, tout ce qu’il pourrait penser de plus sérieux ? Il finit par y renoncer….. alors que la dame lui lançant son venin lui assène un «  c’est coucaren… » votre comportement. Et vraiment, je regrette, ce soir, d’avoir eu la patience d’entendre en série votre discours de serin inutile.

Gros Jean comme devant, l’homme tourna les talons et fila vers l’autre rive avant de « tomber les quatre fers en l’air » ce qui fit enfin esquisser un sourire à la dame.

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Publié dans Françoise C.

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