Zénon

Publié le par mjletoile

Zénon avait des mains en or. Toujours tiré à quatre épingles, il restaurait les incunables. Un jour il aperçut dans la rue Rose qui prenait soin de ses iris. Toujours le sourire aux lèvres, elle se voyait au septième siècle.

Zénon avait des visées sur la jeune veuve. Il était aux petit soins pour elle. Son sein à l’orée d’un corsage en soie était celui d’une reine.

-         Quelle ruse puis-je utiliser pour l’approcher sans être la risée des ouvriers qui m’observent, les os saillants, les vis dans la poche, un verre de vin à la main.

Quand Zénon a décidé quelque chose, pour le faire changer d’avis, c’est coucaren !!!

-          Rose, veux-tu boire un demi avec moi ? Je te propose un beau voyage en 3 mâts sur les rives du……

Un grand éclat de rire lui répondit. Les reins cambrés, Rose éliminait quelques vers dont le venin tuait ses fleurs et redressa un petit menhir, soutien de ses floraisons.

-          Sire Zénon, vous n’avez pas de veine…. Votre aveuglement sans limite vaut de l’or. Vous deviez me réciter un quatrain pour le cinquantenaire de la ville…….

Elle reprit ses ciseaux pour préparer un joli bouquet composé de fleurs encore recouvertes de rosée.

-          Pourquoi ne pas m’emmener dans le transept d’une cathédrale ou chez les Inuits ?

Le son de sa voix faisait trembler Zénon. Dès qu’elle parlait, il était tout ouïe.

-          D’ailleurs pourquoi ne pas m’emmener à Chateauneuf dans le creux d’un arbre et là…nous serions seuls au monde

Et là…. une souris viendrait observer notre avenir en devenir….

Publicité

Publié dans Textes personnels

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article